Revêtement extérieur : permis, matériaux interdits et PIIA
Refaire le revêtement extérieur à Montréal ou à Laval : quand un permis est requis, les matériaux interdits, la règle des 80 % de maçonnerie et le PIIA.

Changer le revêtement d’une maison ou d’un plex semble être un simple choix de matériau. Dans le Grand Montréal, c’est d’abord une question de règlement : selon l’arrondissement ou la ville, le même travail peut se faire sans permis, demander un permis ordinaire ou passer par un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA). Ce guide résume la page Réparer ou remplacer un revêtement extérieur de la Ville de Montréal (mise à jour le 1er septembre 2026), la page Rénovation ou réparation résidentielle extérieure de la Ville de Laval et la liste des sous-catégories de licence de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), consultées le 3 novembre 2026.
1. Réparer ou remplacer : la distinction qui décide du permis
La Ville de Montréal explique que, selon l’étendue des travaux et l’arrondissement, un permis peut être nécessaire pour réparer ou remplacer un revêtement extérieur, et que certains secteurs ou bâtiments sont soumis à des normes particulières pour préserver leur valeur historique, architecturale ou paysagère. Quelques exemples tirés de la page :
- Rosemont–La Petite-Patrie : entretenir ou réparer le revêtement d’un mur (brique, crépi, clin de bois), y compris le rejointoiement de la maçonnerie, le décapage et la peinture du bois, ne demande pas de permis. Remplacer le revêtement d’un mur extérieur en demande un.
- Le Plateau-Mont-Royal : le rejointoiement se fait sans permis, sauf pour un immeuble patrimonial classé, un témoin architectural significatif, un immeuble du site patrimonial déclaré du Mont-Royal ou d’une aire de protection. Un permis est exigé pour des réparations majeures, pour remplacer le revêtement, un linteau ou une allège.
- Mercier–Hochelaga-Maisonneuve : le permis est requis quand le remplacement touche plus de 50 % du parement d’un même étage d’un seul mur, ou quand on change de matériau.
2. Les matériaux interdits et la règle des 80 % de maçonnerie
La liste varie selon l’arrondissement. À Rosemont–La Petite-Patrie, la page interdit notamment la pellicule de plastique, le papier goudronné, minéralisé ou de vinyle, le panneau d’aggloméré ou tout matériau non conçu pour l’extérieur, le verre ou le miroir qui réfléchit plus de 20 % de la lumière du jour sur plus de 5 % d’une façade, et le bardeau d’asphalte sauf pour un couronnement. Elle ajoute qu’en général la façade avant doit être composée à 80 % de maçonnerie (sur un coin de rue, il y a deux façades avant) et qu’une façade en pierre naturelle ou artificielle ne peut pas être peinte. Mercier–Hochelaga-Maisonneuve applique aussi la règle des 80 % et interdit le clin de vinyle (PVC), sauf sur une dépendance de moins de 15 m².
Au Plateau-Mont-Royal, pour une construction existante, il faut reprendre les matériaux d’origine du revêtement. Y sont interdits, sauf s’ils sont d’origine : la brique de béton, le bloc de béton creux, le clin de vinyle, métallique ou composite en bois et toute maçonnerie de moins de 40 mm d’épaisseur, sauf un crépi ou un enduit acrylique. Avant de comparer des soumissions sur un matériau, vérifiez donc qu’il est permis à votre adresse.
3. Laval : même matériau ou nouveau matériau
Le tableau de la Ville de Laval distingue deux cas. Remplacer le revêtement extérieur par le même matériau en ajoutant de l’isolation ne demande aucun permis, sauf si un PIIA s’applique à la propriété. Le remplacer par un nouveau matériau demande un permis. La Ville indique un délai de 30 jours et un coût de 92 $ pour le premier 20 000 $ de travaux, plus 2,50 $ par tranche ou partie de tranche de 1 000 $. Pour savoir si un PIIA vise votre terrain, elle renvoie à son outil Info-règlements : une mention « Des dispositions particulières s’appliquent à votre zone » signale des exigences supplémentaires. Elle demande d’attendre le permis avant de commencer et de l’afficher, visible de la rue, pendant les travaux.
4. Ce que l’arrondissement voudra voir
À Rosemont–La Petite-Patrie, la demande comprend la soumission ou une grille d’estimation des coûts taxes incluses, le certificat de localisation, la fiche technique ou un échantillon du matériau, des photos des façades et la fiche-bâtiment ; des plans d’architecte peuvent être exigés. Les frais d’analyse y sont de 9,80 $ par tranche de 1 000 $ de travaux, avec un minimum de 167,40 $ pour un immeuble exclusivement résidentiel, et le délai moyen est de 2 à 4 semaines pour des travaux identiques, de 8 à 10 semaines avec modifications. Une soumission détaillée, avec le nom exact du matériau, sa couleur et les murs touchés, sert donc deux fois : pour comparer les prix et pour la demande de permis. La Ville suggère aussi de regrouper toutes les demandes de rénovation (toiture, portes et fenêtres, balcons) en une seule.
5. Quelle licence RBQ ?
Selon les annexes II et III du Règlement sur la qualification professionnelle des entrepreneurs et des constructeurs-propriétaires (B-1.1, r. 9), la sous-catégorie 7 couvre l’isolation, l’étanchéité, les couvertures et le « revêtement mural extérieur autre qu’en maçonnerie ». Les contre-murs extérieurs en maçonnerie relèvent de la sous-catégorie 4.1, Structures de maçonnerie. Demandez le numéro de licence et vérifiez-le avant de signer.
6. Ce que montrent les permis de Montréal
Dans les données ouvertes des permis de construction de la Ville de Montréal, 298 des 20 621 permis délivrés du 27 octobre 2025 au 26 octobre 2026 mentionnent un « revêtement extérieur » dans leur description, surtout dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (73), Rosemont–La Petite-Patrie (58) et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (41). Pour trouver des entreprises licenciées près de chez vous, voyez la rénovation à Rosemont–La Petite-Patrie, à Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ou à Laval, ou décrivez votre projet de revêtement pour que des entreprises licenciées vous répondent. Le répertoire ne prépare aucune soumission et ne choisit aucune entreprise à votre place. Voir aussi remplacer ses fenêtres, souvent fait en même temps.
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