Ventre de bœuf dans la brique : causes, risques, qui appeler
Un mur de brique qui bombe (ventre de bœuf) : causes selon la SCHL et la RBQ, indices à surveiller, règles des façades de 5 étages, permis et licence.

On appelle couramment « ventre de bœuf » un mur de brique qui bombe vers l’extérieur. Quand la brique est un placage, c’est-à-dire une paroi extérieure non structurale reliée au mur de fond par des attaches métalliques, comme le décrit la SCHL, et que ce placage se déforme, il faut comprendre pourquoi avant de choisir une réparation. Ce guide s’appuie sur une publication de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), sur la page Façades – Entretien et inspection de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) et sur la page montréalaise Réparer ou remplacer un revêtement extérieur (mise à jour le 1er septembre 2026), consultées le 3 novembre 2026. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel qui a vu votre mur.
1. Ce qui fait bomber un mur de brique
Dans sa publication Attaches à maçonnerie composites (Le point en recherche, série technique 02-109), la SCHL explique que les attaches métalliques des placages de maçonnerie peuvent se corroder, ce qui risque de produire des fissures, des bombements ou même la défaillance d’une partie du mur extérieur. Même enfouies dans le mur, ces attaches sont exposées à l’humidité et à l’air qui pénètrent dans le mortier ; à la longue, elles perdent leur intégrité et se brisent. La SCHL ajoute qu’on ne s’aperçoit du problème qu’une fois plusieurs attaches défectueuses, quand apparaissent des fissures, un bombement ou un effondrement partiel.
Le guide explicatif des exigences d’entretien des façades de la RBQ (version révisée 2022) cite d’autres facteurs qui dégradent un revêtement :
- l’orientation : les façades les plus exposées aux intempéries sont plus susceptibles de subir une infiltration d’eau ;
- l’environnement : la pollution atmosphérique et les sels de déglaçage, les mouvements du sol, des racines profondes ou une circulation automobile lourde ;
- les transformations : la jonction entre deux parties d’un bâtiment construites à deux époques, ou un changement d’usage qui ajoute des charges à la structure.
2. Les indices à surveiller
La RBQ énumère des indices de détérioration qu’un propriétaire peut remarquer lui-même : des fissures, des taches de rouille, des signes de détérioration aux balcons, des blocs ou des briques déplacés et des joints détériorés. Elle conseille de les répertorier et de les dater pour suivre leur évolution. Lors d’une inspection, le professionnel note aussi les effritements, l’efflorescence, l’écaillage, les déformations et les renflements, puis vérifie les éléments cachés comme les linteaux et les ancrages, grâce à des percées exploratoires pratiquées sur chaque façade.
3. Pourquoi l’étendue est difficile à connaître
Selon la SCHL, malgré les symptômes, il est difficile de cerner l’étendue du problème sans retirer de grandes parties du mur ou faire des vérifications localisées à l’aide d’un endoscope. Avant de signer, demandez donc comment l’entreprise ou le professionnel déterminera ce qui doit être refait : une soumission qui fixe la surface à démolir sans ouverture préalable mérite une question.
4. Immeuble de 5 étages ou plus : des obligations précises
Le chapitre Bâtiment du Code de sécurité oblige à vérifier et à entretenir les façades de 5 étages hors sol et plus. Le propriétaire doit obtenir d’un architecte ou d’un ingénieur un rapport de vérification au plus tard au 10e anniversaire de la construction, puis tous les 5 ans, et tenir un registre sur place. Si le professionnel relève une condition dangereuse, le propriétaire doit en aviser la RBQ sans délai par le formulaire prévu et, dans les 30 jours, lui fournir une description des travaux correctifs rédigée par un ingénieur ou un architecte, avec un échéancier à faire approuver. Le guide décrit aussi les périmètres de sécurité possibles : barrières, filets ou échafaudage conçu par un ingénieur. Ces obligations ne visent pas les bâtiments de moins de 5 étages, mais la liste d’indices de la RBQ reste un bon aide-mémoire.
5. Les permis à Montréal
Refaire une section de brique est un remplacement de revêtement, souvent soumis à un permis. À Verdun, la page de la Ville précise qu’un permis est requis dès qu’une brique est retirée, et que toute modification doit respecter les composantes d’origine. Au Plateau-Mont-Royal, un permis est exigé pour des réparations majeures et pour remplacer le revêtement, un linteau ou une allège. À Rosemont–La Petite-Patrie, le rejointoiement se fait sans permis, mais remplacer le revêtement d’un mur en demande un. Renseignez-vous au comptoir des permis de votre arrondissement avant les travaux.
6. Qui appeler
Selon les annexes II et III du Règlement sur la qualification professionnelle des entrepreneurs et des constructeurs-propriétaires (B-1.1, r. 9), la sous-catégorie 4.1, Structures de maçonnerie, couvre la maçonnerie structurale et les contre-murs extérieurs en maçonnerie ; la 4.2 vise la maçonnerie non structurale. Pour un immeuble de 5 étages ou plus, seuls les ingénieurs formés à l’inspection des façades et les architectes peuvent produire le rapport de vérification, selon le guide de la RBQ. Vérifiez la licence de l’entreprise de maçonnerie avant de signer. Dans les données ouvertes des permis de Montréal, 935 permis délivrés du 27 octobre 2025 au 26 octobre 2026 mentionnent la brique, dont 173 au Plateau-Mont-Royal et 140 à Rosemont–La Petite-Patrie. Voyez les entreprises du Plateau-Mont-Royal, celles de Verdun ou de Rosemont–La Petite-Patrie, ou décrivez votre mur de brique pour que des entreprises licenciées vous répondent. Voir aussi les fissures de fondation.
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